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Contexte et justification de la création de Glac-Juris

Contexte et justification de la création de Glac-Juris

L’idée est née d’un constat amer. Un constat partagé par les initiateurs de l’organisation (GLAC-JURIS) et résultant de leur propre expérience, riche et variée en tant que citoyens, observateurs avisés (chercheurs, formateurs, avocats, consultants, acteurs de la société civile, etc.). En l’occurrence, une région des Grands lacs confrontée à d’importants défis en matière de démocratie, de gouvernance et de l’Etat de droit. Les rapports récents d’organisations comme The Economist Intelligence Unit, The Ibrahim Index of African Governance (IIAG) ou le Word Justice Projet (WJP) sur l’indice de la démocratie de la gouvernance et de l’Etat de droit confortent la perception des initiateurs de GLAC-JURIS. A des échelles différentes, les pays de la région des grands lacs africains n’ont pas un bon score. Par exemple, l’Indice de démocratie (2004) de l’EIU classe le Burundi et la République démocratique du Congo et le Rwanda parmi les régimes autoritaires. Des trois pays qui forment la Communauté des Pays des Grands Lacs, seul le Rwanda a un score (75.1%) supérieur à la moyenne africaine (49.3%) de l’Indice de gouvernance en Afrique de l’IIAG (2023); le Burundi totalisant 41.4% et la République Démocratique du Congo 32.8%. Enfin, avec un score respectif de 0.34 et 0.63, la République Démocratique du Congo et le Rwanda occupe la 136e et 39e place du Rule of Law Index du WJP (2025) sur un total de 143 Etats classés (le Burundi n’est pas classé).

Le déficit de l’Etat de droit observé ‑il est vrai à des niveaux différents dans cette région‑ est d’une telle ampleur que les bases même de la démocratie, le respect des droits humains et des libertés fondamentales sont sapées.

Ce déficit est alimenté par un contexte de conflits armés et de crises politiques internes, sur fond de tensions récurrentes entre pays voisins qui s’accusent d’interférence dans les affaires internes et autres actes d’agression, à travers notamment le soutien aux groupes rebelles qui attaquent ou combattent dans ces pays. Ces conflits, crises et tensions intra ou interétatiques, en plus de freiner la réalisation de l’intégration régionale, génèrent des crises humanitaires et des crimes économiques et de sang (déplacements internes de populations, flux de réfugiés, exploitation et trafic illicite de matière premières, crimes de guerre et crimes contre l’humanité, etc.).

Le déficit de l’Etat de droit se répercute, inévitablement, sur la qualité de la gouvernance (crise ou faiblesse des institutions, absence ou déficit de transparence, de responsabilité, de respect de l’obligation de redevabilité, de participation, l’efficacité et d’effectivité…). Les atteintes aux droits fondamentaux et aux libertés publiques se multiplient tandis que leur sanction est absente ou insuffisante ou inefficace. La Justice, gardienne de ces droits et libertés manque d’indépendance pour remplir efficacement sa mission. Au contraire, elle est instrumentalisée par le pouvoir politique pour traquer les opposants et étouffer les voix critiques, y compris celles de la société civile. Symptomatiquement, l’on recense dans cette région de nombreuses figures politiques ou de la société civile condamnées dans des procédures en deçà des standards d’un procès équitable, contraints à l’exil ou tout simplement réduites au silence par suite de la radiation de leurs organisations.

En matière de démocratie et d’élections, la région des grands Lacs est loin de figurer en bonne place du classement. Ici et là, on dénonce des élections truquées, l’ingérence des pouvoirs publics dans l’organisation et le fonctionnement des partis politiques, les violations de la liberté de réunion et de manifestation publiques pacifiques, l’absence de neutralité de l’administration, l’absence d’indépendance des instances d’organisation des élections et du juge du contentieux électoral, le rétrécissement voire le verrouillage de l’espace politique pour l’opposition…, soit un chapelet non exhaustif d’entraves à l’épanouissement d’une démocratie pluraliste véritable et à la participation de la population à la conduite des affaires publiques.

Face à un tel contexte, les initiateurs de GLAC-JURIS ont compris que la responsabilité du changement leur incombe aussi, en synergie avec les autres acteurs, ceux qui sont déjà en action et ceux qui rejoindront l’initiative. Ce faisant, GLAC-JURIS privilégie la voie de la réflexion et de l’action : Compréhension des contextes, élaboration des cadres d’analyse et formulation des propositions capables d’inspirer les politiques publiques et autres acteurs du changement dans le domaine de la démocratie, de la gouvernance et de l’Etat de droit. Dans cette perspective, GLAC-JURIS veut se positionner comme une boussole intellectuelle, morale et éthique.

Qui sommes-nous?

GLAC-JURIS a pour mission de renforcer la gouvernance, de consolider l’État de droit et de promouvoir la démocratie dans la région des Grands Lacs. 

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