Cadre du Mouvement pour la Solidarité et le Développement(MSD) à Gitega, Epitace Nshimirimana est arrêté à Bujumbura le 12 mai 2015, soupçonné d’être parmi les planificateurs des manifestations en cours à cette époque (avril-mai 2015). Au cours de sa détention au Service National de Renseignement, Epitace Nshimirimana sera torturé.
Craignant pour sa vie, le requérant ne pourra pas saisir les autorités burundaises pour demander justice. En date du 18 novembre 2020, il saisit le comité contre la torture. Le gouvernement plaidera l’irrecevabilité de la demande, arguant que M. Nshimirimana n’avait pas épuisé ses voies de recours interne. Le Comité ne va pas suivre cet argumentaire. Il rendra sa décision le 19 Avril 2024. Le comité conclut à la violation des articles 2 (par.1) (obligation de prendre toutes les mesures en vue d’empêcher la commission d’actes de torture), 11(obligation d’exercer une surveillance systématique sur les maisons de détention pour y prévenir la torture), 12 (obligation d’engager une enquête impartiale chaque fois qu’il y a des motifs raisonnables de croire qu’un acte de torture a été commis), 13 (droit des victimes supposées de porter plainte), 14(droit d’obtenir réparation) ainsi que l’article 16(applicabilité des articles 10, 11 et 12 aux actes de traitements cruels, inhumains ou dégradants).